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Le NVGH donne l'exemple : des vaccins efficaces et abordables pour les pays en voie de développement

Après avoir terminé ses études de médecine au début des années 1970, Rolf Zinkernagel espérait trouver un poste de médecin d'hôpital en Afrique subsaharienne, mais ses candidatures à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et à d'autres organismes de santé internationaux furent refusées.

Dr Zinkernagel poursuivit alors ses études en Suisse et plus tard en Australie, à la John Curtin School of Medical Research, où il fit, avec son partenaire de laboratoire Peter Doherty, des découvertes marquantes sur le système immunitaire humain qui leur valurent le Prix Nobel de médecine en 1996.

Aujourd'hui, trois décennies plus tard, Dr Zinkernagel va pouvoir contribuer à améliorer les soins de santé en Afrique à titre de conseiller principal à l'Institut pour la santé mondiale Novartis Vaccins (NVGH). Ce nouvel institut est le premier centre de recherche à but non lucratif créé par un grand fabricant de vaccins qui se consacrera exclusivement à la découverte et à la mise au point de vaccins pour les maladies négligées des pays en voie de développement.

Les activités de recherche du NVGH font partie de l'important organisme de recherche de Novartis (Corporate Research) et l'institut pourra également tirer parti de l'expertise scientifique et des plates-formes technologiques de la division Vaccins et produits diagnostiques de Novartis. Les projets du NVGH seront toutefois gérés séparément des activités de recherche commerciales. Et tous les vaccins mis au point par l'institut seront accessibles et abordables pour les populations des pays en développement.

« Le NVGH fait partie intégrante de l'engagement de Novartis et je fais moi aussi partie de Novartis, » a déclaré Dr Zinkernagel qui fait partie du conseil d'administration de Novartis depuis 1999. « C'est un vrai défi, ces maladies sont négligées parce qu'il est difficile de fabriquer des vaccins destinés à les combattre. Mais c'est également une occasion d'essayer de nouvelles voies, en combinant l'expertise scientifique et le savoir-faire d'une compagnie ayant de solides antécédents dans la transformation d'idées en produits concrets. »

Citoyenneté d'entreprise

NVGH est la plus récente initiative qui reflète l'engagement de citoyenneté d'entreprise de Novartis. Grâce à ses succès commerciaux, Novartis est capable de faire des investissements améliorant l'accès aux médicaments et aux vaccins pour les patients pauvres des pays en voie de développement qui ne pourraient pas se les procurer autrement. En 2007, nos contributions dans ce domaine se sont élevées à 937 millions de dollars américains et ont touché plus de 66 millions de patients dans le besoin.

« Pour des raisons commerciales, les grandes compagnies pharmaceutiques avaient l'habitude de consacrer une très faible partie de leurs activités de recherche aux maladies qui frappent surtout les pays pauvres, » explique le professeur Paul Herrling, chef de Corporate Research chez Novartis. « Mais depuis quelques années, les choses changent et Novartis consacre une partie de ses activités de recherche et développement et de ses technologies à la lutte contre les maladies négligées, de la tuberculose (TB) et la dengue au paludisme. Nous avons également lancé des initiatives pour former les étudiants des pays en voie de développement et leur apprendre à passer de la science fondamentale aux médicaments. »

La mission du NVGH ressemble à celle de l'Institut Novartis pour les maladies tropicales (INMT) qui fut créé en 2003 à Singapour. Les deux instituts se consacrent à la recherche et aux premiers stades de développement, jusqu'au stade de la validation de concept chez l'humain. Les médicaments ou vaccins découverts par les instituts seront vendus à prix coûtant aux pays endémiques.

Pour les derniers stades de développement, et même pour la production dans le cas des vaccins, Novartis compte travailler en collaboration avec des partenaires financiers et opérationnels. Sous la direction de Dr Herrling, Novartis joue un rôle de pionnier dans l'industrie pharmaceutique et établit de nouveaux partenariats avec des organismes non gouvernementaux, des organismes caritatifs, des groupes universitaires et des organismes gouvernementaux.

Bien sûr, certains des partenariats les plus importants de l'institut sont avec des scientifiques du réseau de recherche commerciale de Novartis. « Partout dans le monde, les chercheurs de Novartis sont extrêmement motivés et souhaitent que leur science contribue à faciliter l'accès aux médicaments, » ajoute Dr Herrling. « Sans leur aide, nos instituts sans but lucratif ne seraient pas aussi performants. »

De brillants scientifiques comme Dr Zinkernagel et d'autres membres du conseil consultatif du NVGH sont également une précieuse ressource. Mais le conseil consultatif comprend également des membres comme Sir Gustav Nossal et Ciro de Quadros, qui ont aidé à formuler la politique et à généraliser l'utilisation des vaccins au cours des dernières décennies; ils ont contribué à sauver des millions de vies en siégeant à des postes importants dans des organismes internationaux comme l'ancienne Children’s Vaccine Initiative, la Global Alliance for Vaccines and Immunization (GAVI) et l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Grâce à leur expérience et à leur appui, les vaccins du NVGH vont pouvoir atteindre les personnes qui en ont le plus besoin.

« Il n'y a rien de plus frustrant que d'avoir de nouveaux vaccins et de nouveaux médicaments et de ne pas pouvoir atteindre les patients et les personnes qui en ont besoin, » affirme Dr Herrling. « C'est ce qui s'est produit avec notre antipaludéen exceptionnel Coartem, un médicament qui a un taux d'efficacité supérieur à 95 % contre toutes les souches connues de parasites résistants du paludisme. Il a fallu des années pour convaincre les gouvernements, les sociétés et les patients qui en avaient besoin d'utiliser Coartem, » ajoute-t-il. « Nous nous sommes alors rendus compte que nous devions tenir compte des problèmes politiques et commencer à établir des contacts avec les principaux intervenants, même avant que les laboratoires du NVGH ne commencent à travailler. »

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Faire une différence

Avec l'acquisition de Chiron en avril 2006, Novartis a hérité de l'idée d'une recherche sans but lucratif pour les vaccins. Rino Rappuoli, conseiller scientifique en chef chez Chiron et directeur de la recherche sur les vaccins, rêvait depuis des décennies de pouvoir mettre au point des vaccins pour les pays en voie de développement avec la même passion et les mêmes technologies sophistiquées qu'il avait investies dans la recherche commerciale.

« Les vaccins sont efficaces et on savait qu'on pouvait réellement faire une différence, » dit-il. « Mais à cause de la façon dont les compagnies sont organisées, on finissait toujours par mettre au point des vaccins viables sur le plan commercial, c'est-à-dire des vaccins dont on avait besoin en Europe et aux États-Unis. »


Au début des années 1990, Dr Rappuoli mit au point un vaccin contre deux souches de Neisseria meningitis, la bactérie qui cause la plupart des cas de méningite à méningocoque. La souche Men A de N. meningitis cause d'importantes épidémies en Afrique alors que la souche Men C était nécessaire pour protéger l'Europe et les États-Unis. Tandis que les essais cliniques du vaccin combiné Men AC progressaient bien, se souvient Dr Rappuoli, des clients potentiels, notamment le gouvernement britannique, demandèrent que la composante africaine soit supprimée du vaccin. Chiron s'est conformée à cette demande et le vaccin Men C fut ensuite approuvé et lancé au cours de l'année 2000.

« Cet exemple montre clairement que non seulement la compagnie, mais aussi les pays d'Europe étaient contre le développement d'un vaccin dont avaient besoin les pays en développement, » soupire Dr Rappuoli. « J'ai vu beaucoup d'exemples de ce genre. »

Par la suite, il commença à étudier la possibilité de créer une fondation séparée à but non lucratif pour mettre au point des vaccins pour les pays en voie de développement. Les plans de cette fondation avaient bien avancé lorsque Chiron fut rachetée par Novartis.

Après l'acquisition, Dr Rappuoli accepta de rester chef de la recherche à la nouvelle division Vaccins de Novartis. Lors d'une réunion préliminaire avec Joerg Reinhardt, chef de la division Vaccins et produits diagnostiques, il procéda à la révision de son projet d'institut de recherche sur les maladies négligées. Dr Reinhardt appuya le plan, tout comme Daniel Vasella, président et chef de la direction de Novartis, lors d'une réunion ultérieure avec Dr Rappuoli.

Dr Vasella s'opposa toutefois à l'idée d'une fondation séparée, préférant créer un institut de vaccins sur le modèle de l'INMT. Il demanda également à Dr Rappuoli d'organiser une réunion des principaux intervenants pour examiner la proposition et, une fois le plan approuvé par les principaux intervenants, le conseil d'administration de Novartis approuva la création du nouvel institut.

Une priorité absolue - les maladies diarrhéiques

En septembre 2007, Allan Saul fut nommé président et directeur général du NVGH. Originaire d'Australie, Dr Saul a passé plus de 20 ans dans la recherche sur les vaccins, et a travaillé récemment dans une unité de développement de vaccin antipaludique à l'Institut national contre les allergies et les maladies infectieuses aux États-Unis. Au cours de sa carrière, il a aussi beaucoup travaillé sur le terrain dans des pays allant des Philippines à la Nouvelle-Guinée et au Mali ainsi que d'autres pays d'Afrique. « J'ai rencontré de nombreux problèmes auxquels font face les pays en développement, ce qui m'a également procuré de nombreux contacts avec les personnes qui travaillent sur place avec les vaccins » explique Dr Saul.

L'une de ses premières tâches au nouvel institut a consisté à dresser une liste de maladies importantes dans les pays en voie de développement, et à les classer en fonction du fardeau de la maladie et de la possibilité qu'un vaccin le réduise de façon significative et soit disponible en quelques années. La liste initiale de 57 maladies fut ramenée à 22 candidats – dont 17 présentent un intérêt potentiel mais nécessitent davantage de recherches fondamentales ou correspondent à un délai plus long de développement d'un vaccin, dit Dr Saul.

Les cinq autres objectifs prioritaires sont les maladies diarrhéiques qui font des ravages parmi les enfants dans les pays en voie de développement. Selon l'OMS et l'UNICEF (United Nations Children’s Fund), il y a environ quatre millions de cas de diarrhée chaque année dans le monde, entraînant plus de 2 millions de décès, la plupart chez des enfants de moins de cinq ans dans les pays en voie de développement. « En fait, les maladies diarrhéiques représentent la vaste majorité des maladies d'importance clinique dans le monde, » ajoute Dr Saul.

Alors que des maladies infectieuses comme le VIH/SIDA ou la tuberculose sont causées par un seul organisme, plusieurs agents pathogènes différents sont responsables des maladies diarrhéiques. Les premiers projets sélectionnés par le NVGH sont des vaccins contre les infections causées par la bactérie Salmonella. Salmonella typhi, la bactérie qui cause la fièvre typhoïde, a largement disparu en Occident mais elle reste un problème de santé publique dans les pays en voie de développement où elle cause environ 22 millions de cas et au moins 200 000 décès par an. Il existe deux vaccins contre S. typhi mais ni l'un, ni l'autre n'agissent chez les jeunes enfants, qui constituent une proportion appréciable des victimes de la maladie. De plus, comme S. typhi ne peut infecter que des humains, ces jeunes enfants représentent également un important réservoir d'infection. « Nous avons vraiment besoin d'un vaccin contre S. typhi pour ces jeunes enfants, » affirme Dr Saul.

Une deuxième bactérie, la Salmonella de sérotype paratyphi A, cause la fièvre paratyphoïde, longtemps considérée comme le cousin pauvre de la fièvre typhoïde. Plus de 5 millions de personnes sont infectées chaque année et la fièvre paratyphoïde apparaît comme une importante maladie dans plusieurs parties du monde, notamment en Chine.

La troisième forme de salmonella à laquelle s'intéresse le NVGH est la bactérie Salmonella non typhoïde (NTS). De nombreuses souches de NTS ont été identifiées. Dans les pays industrialisés, elles causent des gastro-entérites suite à l'ingestion d'aliments contaminés, mais en Afrique subsaharienne, la NTS est une cause importante de mortalité. On ne dispose pas de données épidémiologiques exactes pour la totalité du continent africain, mais dans des pays comme le Kenya et le Malawi, la NTS est une cause importante d'hospitalisations d'enfants et figure parmi les trois principales causes de décès chez les enfants de moins de cinq ans.

Prenant la parole à l'inauguration du NVGH en février, Samuel Kariuki du Kenya Medical Research Institute a présenté la NTS comme un risque d'épidémie et une urgence de santé publique, mais qui n'est pas encore largement reconnue hors de l'Afrique subsaharienne. » Selon Dr Kariuki, la NTS s'attaque également aux adultes en Afrique, en particulier aux personnes déjà infectées par le VIH, et arrive en importance juste après la pneumonie pneumococcique et la tuberculose. Les infections récurrentes par la NTS sont de plus en plus courantes chez les personnes séropositives au VIH, et donnent des taux de mortalité voisins de 50 %.

Pour aggraver la situation, une vaste proportion de souches de NTS ont développé une résistance aux antibiotiques classiques utilisés pour combattre les infections. « Les médicaments bon marché n'agissent plus à cause de la résistance – à certains endroits, il peut y avoir jusqu'à 50 % à 60 % des isolats qui sont résistants à plusieurs médicaments, » ajoute Dr Kariuki.

Les deux autres projets prioritaires au NVGH sont les vaccins contre des souches de la bactérie Shigella et de l'Escherichia coli entérotoxigène; la Shigella est aussi une bactérie très meurtrière, qui est responsable d'environ 160 millions d'infections et de 1,1 million de décès dans les pays en voie de développement, en majorité chez les enfants de moins de cinq ans. L'Escherichia coli entérotoxigène cause plus de 200 millions d'épisodes diarrhéiques et environ 380 000 décès par an.

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« Le bon assortiment »

Dr Saul insiste que le fait que les programmes du NVGH s'appuieront sur une étroite collaboration. « Nous allons collaborer avec des groupes dans les universités et les instituts de recherche. Pour la plupart des maladies, nous regardons s'il y a déjà des gens qui ont identifié des antigènes candidats et qui essaient de trouver des partenaires dans l'industrie qui les aideraient à réaliser des vaccins. Il faut en fait trouver le bon assortiment, » ajoute-t-il.

« Dans l'élaboration des vaccins, il y a un grand fossé entre l'idée en laboratoire et la validation de concept chez l'humain, et c'est là que le NVGH joue un rôle important, » affirme Dr Saul. « Mais pour mener à bien tout le processus de mise au point de ces vaccins, nous avons également besoin de collaborateurs sur place. Il y a des centres locaux dont nous pouvons tirer parti, même si certains d'entre eux ont besoin d'être consolidés. Pour le moment, le problème est que ces centres n'ont pas de vaccins à tester. »

Ogobara Doumbo, médecin affilié au Centre de recherche et de formation sur le paludisme de l'Université de Bamako, au Mali, se réjouit de l'engagement du NVGH au niveau de la formation comme moyen d'accélérer la mise au point de nouveaux vaccins et aussi d'inverser la fuite des cerveaux et des professionnels de la santé. « Nous avons besoin de moyens plus novateurs pour augmenter la proportion de personnes qualifiées qui restent travailler dans les pays endémiques, » déclare Dr Doumbo.

Une de ces nouvelles approches est la collaboration entre l'INMT, l'Université de Bâle et l'Université de Singapour et l'Institut Tropical Suisse offrant un programme menant au diplôme de maîtrise. Les étudiants ont passé la moitié de l'année à Bâle et l'autre moitié à Singapour et ils ont acquis une vaste expérience clinique sur le terrain en plus de leur travail en classe et au laboratoire. Dr Herrling ajoute que les lauréats reçoivent un double diplôme des deux universités qui leur permet de commencer leur carrière en Europe ou en Asie.

Pour commémorer l'inauguration du NVGH, l'institut a financé une bourse pour un programme géré en collaboration avec l'Institut Tropical Suisse, menant à un diplôme de maîtrise en biologie et épidémiologie des maladies infectieuses. « Cette bourse d'inauguration est un investissement en ressources humaines et non pas un diplôme à accrocher au mur, » précise Dr Saul. « Nous espérons qu'il fera partie d'un programme plus vaste au NVGH, d'examen des modes d'interaction des vaccines avec le service de santé, qui pourra être utile aux systèmes de santé dans les pays en voie de développement. »

La fabrication est un autre lien clé de la chaîne d'approvisionnement où Novartis compte recruter des partenaires. « Nous ne devons pas exclure que Novartis soit fabricant, mais je pense que nous aurons probablement besoin de plusieurs fabricants pour nos vaccins, » ajoute Dr Saul. Or, dans le domaine des vaccins, il est en général nécessaire d'obtenir l'engagement des fabricants avant de commencer la partie pivot des essais cliniques. « La difficulté sera de mener un projet assez loin pour qu'un fabricant potentiel ait assez confiance pour le mener à bien » dit-il.

Entre-temps, le NVGH va établir des liens avec les organismes de santé et les gouvernements pour faciliter la distribution des vaccins. « Notre organisation est encore très jeune et au cours des quelques prochains mois, une de nos priorités essentielles sera de mettre en place des réseaux de travailleurs sur place tout en commençant à chercher des fabricants et à prendre contact avec les organismes de réglementation » déclare Dr Saul.

Gestion de portefeuille

L'INMT, institut situé à Singapour, a fait face à des difficultés comparables pour recruter des partenaires pouvant l'aider à financer les derniers stades de développement des médicaments qu'il découvre. Des progrès considérables ont cependant été réalisés ces dernières années, et des engagements ont été pris pour les trois maladies prioritaires – le paludisme, la tuberculose et la dengue.

En 2006, l'INMT a accepté d'étendre ses activités de recherche sur le paludisme dans le cadre d'une collaboration de cinq ans et de 20 millions de dollars américains financée par le Wellcome Trust, Medicines for Malaria Venture (MMV) et l'Economic Development Board de Singapour. « Le Wellcome Trust et MMV nous ont demandé de démarrer un nouveau programme en vue de trouver les composants antipaludiques de la prochaine génération après la catégorie de traitements d'association à base d'artémisinine inaugurée par Coartem, » déclare Dr Herrling.

Entre-temps, la Global Alliance for TB Drug Development a accepté de cofinancer les derniers stades de développement des composés découverts par l'INMT pour le traitement de la tuberculose qui résiste aux médicaments. L'INMT et le Wellcome Trust ont également atteint un stade avancé de négociations à propos d'une entente de financement des derniers stades de développement par l'INMT de médicaments contre la dengue.

En outre, Dr Herrling joue un rôle clé dans une initiative à l'échelle de l'industrie visant à créer un fonds pour fournir des ressources financières additionnelles afin de stimuler la recherche et le développement dans le domaine des maladies négligées. Pour traduire un engagement de Novartis et de plusieurs autres grandes sociétés en vue d'appuyer la recherche visant les maladies négligées dans les pays en voie de développement, un nouveau portefeuille de près de 90 nouveaux médicaments contre les maladies tropicales négligées et la TB est en voie d'atteindre la phase des essais cliniques et des milliards de dollars supplémentaires vont être nécessaires pour achever le développement.

« De nombreux projets vont échouer aux essais cliniques, mais même si seulement 10 projets atteignent le stade du développement, nous ne pouvons pas nous permettre de les mettre tous au point avec les fonds dont nous disposons aujourd'hui, » dit Dr Herrling. « Il serait tragique de devoir interrompre le développement de médicaments viables après la phase II, alors que la découverte du médicament est terminée et que la validation de concept chez l'humain est positive après la phase II. »

Le financement proposé s'inspire du modèle de gestion de portefeuille utilisé dans l'industrie, un domaine d'expertise reconnu. « Vous ne voulez pas attribuer des sommes énormes à un projet que vous financez assez pour atteindre le prochain point de transition dans les essais, » ajoute Dr Herrling. « Selon les résultats des essais, vous pouvez continuer à investir ou arrêter le projet. »

Le financement aurait un conseil avec des représentants des gouvernements, des donateurs et ainsi de suite, qui pourraient prendre des décisions stratégiques, par exemple, sur quelles maladies mettre l'accent. « Mais les décisions techniques sur chaque projet seront déléguées à un groupe d'experts techniques, de cadres expérimentés de l'industrie pharmaceutique, » ajoute-t-il.

En échange du financement, le Fonds recevrait une licence exclusive de l'indication financée et garantirait qu'en cas de réussite du développement, le médicament sera mis à la disposition des pays endémiques à prix coûtant. Mais les compagnies garderaient les droits de propriété intellectuelle sur toutes les autres indications commerciales pour le même composé.

Selon Dr Herrling, l'idée a fait beaucoup d'adeptes dans l'industrie jusqu'à présent. « L'étape suivante consiste à voir s'il y a quelque chose que même des groupes comme Médecins Sans Frontières ou Oxfam sont d'avis que nous devons essayer. Et nous avons besoin de savoir si au moins quelques gouvernements sont prêts à contribuer. Si cela est fait de façon rationnelle, avec un solide engagement de l'industrie, on pourrait espérer avec confiance produire réellement de nouveaux médicaments contre les maladies négligées. »

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Mettre fin aux souffrances inutiles

Ciro de Quadros, membre du conseil consultatif scientifique du NVGH, a débuté sa carrière médicale sur le terrain dans une petite clinique en pleine forêt amazonienne du Brésil, son pays natal. Plus tard, Dr de Quadros a participé au programme d'éradication de la rougeole de l'OMS en Éthiopie avant de revenir en Amérique pour diriger le Programme élargi de vaccination (PEV) pour l'OPS. Il dirigea avec succès l'équipe de l'OPS chargée de l'éradication régionale d'abord de la rougeole, et ensuite de la poliomyélite et des oreillons.

Dans un article paru en 2004 dans l'American Journal of Public Health, il prédisait que les progrès énormes réalisés dans la recherche et le développement nous encouragent à penser que ce siècle sera le Siècle des vaccins. » Dr de Quadros prévient toutefois qu'il revient aux gouvernements de veiller à ce que les ressources soient disponibles pour l'introduction précoce des nouveaux vaccins qui représentent le moyen le plus sûr d'éradiquer d'autres maladies évitables et d'éliminer des souffrances inutiles. »

Mais l'enjeu reste énorme. Grâce à une série d'initiatives internationales, les programmes de vaccination visant les enfants et les femmes en âge de procréer sont des interventions de santé publique qui figurent parmi les plus efficaces et les plus rentables. Selon l'OMS et l'UNICEF, entre 1980 et 1990, le taux d'immunisation mondial par le vaccin DPT3, un substitut pour la couverture vaccinale générale et la santé infantile, est passé de 20 à 75 %.

Toutefois, d'autres vaccins importants comme celui de l'hépatite B restent sous-utilisés. La création de la Global Alliance for Vaccines and Immunization (GAVI), avec l'appui financier de la Fondation Bill et Melinda Gates ainsi que de donateurs gouvernementaux, a permis de doubler le nombre de pays offrant une vaccination contre l'hépatite B entre 1997 et 2004. Mais l'OMS et l'UNICEF estiment toutefois que 27 millions de nourrissons et 40 millions de femmes enceintes n'ont pas été immunisés en 2003 et qu'environ 2,5 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent encore chaque année des suites de maladies qui peuvent être évitées par la vaccination avec les vaccins existants ou de nouveaux vaccins.

Il est clair que l'afflux de nouveaux vaccins prévu par Dr de Quadros et d'autres leaders de la santé publique augmenterait le coût des programmes de vaccination mondiaux. Selon une étude commanditée par l'Albert Sabin Vaccine Institute il y a deux ans, le coût annuel prévu pour encourager la vaccination systématique et lancer de nouveaux vaccins dans les pays les moins développés ainsi que dans les pays à faible revenu ou à revenu moyen se montera à 6 milliards de dollars américains d'ici 2015, soit trois fois plus que les dépenses estimées à 2 milliards en 2005.

« Une logique économique incontournable »

To bridge that gap, governments and major donors have introduced innovative funding mechanisms in recent years. Political commitments from some of the world’s wealthiest countries have pushed healthcare higher on the development aid agenda – and as the most cost-effective healthcare intervention, vaccines exert a powerful appeal for Finance Ministers charged to ensure that public money is spent prudently.

Pour combler cet écart, les gouvernements et les principaux donateurs ont mis en place ces dernières années des mécanismes novateurs de financement. Des engagements politiques de certains des pays les plus riches ont accordé une plus grande priorité aux soins de santé dans leurs programmes d'aide au développement, et les vaccins, qui sont les interventions les plus rentables dans ce domaine, ont beaucoup d'attrait pour les ministres des Finances chargés de veiller à ce que les fonds publics soient dépensés à bon escient.

« Le vieux diction selon lequel il vaut mieux prévenir que guérir est une simple question de bon sens, c'est une logique économique incontournable » explique Carlo Monticelli, du ministère des Finances en Italie, lors de son exposé à l'inauguration du NVGH. Néanmoins, M. Monticelli admet que les ressources mondiales consacrées au financement de nouveaux vaccins sont encore loin du montant optimal. « Certains économistes et responsables des politiques disent que le marché devrait s'en occuper, mais cela n'a pas abouti dans le cas des vaccins » murmure-t-il. « En fait, c'est un exemple classique d'échec du marché. »

Des mesures correctives ont été prises aux plus hauts niveaux, notamment par le Groupe des Huit (G-8), les huit nations les plus industrialisées qui se réunissent régulièrement pour discuter et élaborer des politiques économiques mondiales. Grâce à des initiatives comme l'Advance Market Commitment (AMC) et l'International Financing Facility for Immunization (IFFIm), mécanisme international de financement de l'immunisation, des milliards de dollars ont été rendus disponibles pour soutenir la recherche ou financer l'achat de vaccins par les pays pauvres.

L'Advance Market Commitment est un modèle visant à stimuler l'élaboration de vaccins contre des maladies prévalentes dans les pays en développement. Un programme pilote visant les maladies pneumococciques, qui sont une cause majeure de pneumonie et de méningite et qui tuent un million d'enfants chaque année, a reçu des engagements de financement d'un montant de 1,5 milliard de dollars américains de la part de l'Italie, du Royaume-Uni, du Canada, de la Russie et de la Norvège, ainsi que de la Fondation Gates.

Le modèle de l'AMC utilise les fonds publics pour créer un marché qui n'existerait pas autrement. Les commanditaires prennent un engagement ayant force obligatoire de payer un prix convenu pour un vaccin, à condition que le vaccin réponde aux critères établis au préalable et que les pays en voie de développement souhaitent l'utiliser. M Monticelli souligne que contrairement au financement direct de la recherche qui « revient à demander à un bureaucrate de choisir une voie de recherche plutôt qu'une autre », le modèle de l'AMC laisse les compagnies pharmaceutiques libres de choisir les voies qu'elles estiment les plus prometteuses.

Il ajoute qu'en même temps, les fonds sont dépensés en échange de résultats et versés uniquement contre la livraison aux pays qui vont utiliser le nouveau vaccin, un aspect essentiel pour les ministres des Finances et les contribuables. Soulignant l'attrait du modèle de l'AMC, deux ans à peine se sont écoulés entre la présentation initiale par l'Italie à la réunion du G-8 en février 2005 et l'approbation unanime par les ministres des Finances du G-8 et le lancement du programme pilote de l'AMC en février 2007.

Par ailleurs, l'IFFIm est un programme proposé à l'origine par le gouvernement britannique qui utilise les promesses de futures subventions pour recueillir auprès des marchés de capitaux internationaux des fonds utilisables immédiatement. Plus précisément, les promesses de dons servent à émettre des obligations Triple A et les recettes provenant des émissions d'obligations sont attribuées par la GAVI à des programmes de vaccination. Les obligations sont par la suite remboursées lorsque les fonds sont effectivement versés par les donateurs.

La première émission d'obligations de l'IFFIm en novembre 2006 a permis de recueillir 1 milliard de dollars américains, avec des promesses venant du Royaume-Uni, d'Italie, de France, d'Espagne, de Suède et de Norvège. Au cours de la décennie suivante, l'IFFIm devrait recueillir un total de 4 milliards de dollars américains auprès des commanditaires actuels plus de nouveaux pays comme l'Afrique du Sud et le Brésil. Cet investissement devrait éviter les décès de plus de 5 millions d'enfants et d'un nombre presque égal d'adultes entre 2006 et 2015.

Une vision anticipatrice

Lorsque Dr de Quadros fut invité par Novartis l'été dernier à une conférence internationale à Sienne en Italie pour discuter des plans pour le NVGH, il a rapidement été convaincu que l'institut est une initiative qui arrive à point nommé et dont les contributions peuvent être cruciales pour améliorer l'accès aux vaccins dans les pays en voie de développement. « Il y a une multitude de sujets auxquels il faut s'attaquer, » ajoute-t-il. « Quelle est la façon la plus économique de distribuer un produit; quel peut être le montant de la contribution du NVGH au niveau des capacités de diagnostic et de surveillance des maladies. L'idée de la formation est elle aussi géniale; permettre à des jeunes d'acquérir une formation pratique en laboratoire tout en menant des études sur le terrain pour vérifier l'acceptation des communautés. C'est fondamental. Et c'est très encourageant de voir que le NVGH envisage, à un stade aussi précoce de ses activités, des aspects qui sont en aval de la recherche et du développement des vaccins, » ajoute-t-il.

« C'est quelque chose qui va donner plus de visibilité au domaine des maladies négligées, » dit-il avec le sourire. « L'idée a été très bien reçue par les personnes avec qui je m'entretiens à Washington D.C. et dans d'autres capitales mondiales. En fait, la plupart commencent même à demander pourquoi il a fallu tant de temps pour que quelqu'un se décide enfin à le faire. »

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